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Personnages des mers : Pirate, flibustier, corsaire, forban

Pirates, boucaniers, corsaires et flibustiers en Martinique

Pirate Martinique

Si l’on veut faire graviter l’histoire des corsaires, des pirates, des forbans et des autres marins autour du passé de la Martinique, il faut partir des premières expéditions, de son rôle singulier de plaque commerciale, sans oublier les contraintes économiques liées aux activités des colons, toujours tentés de quitter l’île pour exploiter les richesses des mers ; les figures célèbres de la flibusterie, qui ont côtoyé de près les évènements, n’ont également pas manqué ; enfin, pour illustrer les nombreux forfaits de la piraterie, on relatera la prise d’un navire négrier par Barbe noire au large de la Martinique.

Pirates, corsaires, boucaniers et flibustiers en Martinique

Pirates et flibustiers font partie de l’histoire des Caraïbes. Malgré ses films à succès relayés par le cinéma d´Hollywood, cette séquence singulière du passé reçoit encore peu d’échos culturels dans la vie quotidienne des Martiniquais. Avec ses trésors et, aujourd’hui, ses épaves sous-marines, le fabuleux retour sur investissement des flibustiers a quelque chose de légendaire, de mythique ; mais cette guerre de marins interposée, fruit des rivalités navales et territoriales entre les grandes monarchies européennes de l’époque moderne, est loin d’être uniforme ; à la différence de la guerre d’escadre, la guerre de course s’est ainsi accompagné de multiples actes de piraterie dans des eaux inégalement contrôlées par les marines européennes.

Les acteurs des mers et la terminologie de la piraterie

Ces marins des Antilles ont chacun un statut ou une qualité propre, et les frontières entre flibustiers et pirates ne sont pas toujours étanches.

Un pirate désigne un aventurier qui courait les mers pour piller les navires de commerce. Il s´agit d´un terme générique pour signifier que l´expédition menée par l´aventurier est "hors la loi".

Le flibustier, ou « frère de la côte », est un aventurier des Antilles qui appartient à l´une des associations de pirates qui, du XVIe au XVIIe siècle, écumaient les côtes et dévastaient les possessions espagnoles en Amériques. On disait alors "partir à la chasse de l’Espagnol". Le flibustier dispose de lettres de marques délivrées au nom du roi. S’il est capturé, le flibustier peut devenir prisonnier de guerre, ce qui lui évite en principe la corde. Un flibustier peut devenir pirate mais il devient alors hors-la-loi.

Le corsaire est aussi un aventurier ou pirate qui agit au service de son pays ; Tout comme le flibustier, il dispose de lettres de marque délivrées au nom du roi. La différence provient du fait qu´il navigue à bord d´un corsaire, navire armé en course par des particuliers, avec l´autorisation du gouvernement.

Le forban désigne un pirate qui entreprenait à son profit une expédition armée sur mer sans autorisation.

Le boucanier est le nom donné à certains aventuriers, qui chassaient le bœuf sauvage aux Antilles, pour fumer la viande ou pour faire le commerce des peaux. Les boucaniers s’allièrent aux flibustiers et, dans la seconde moitié du XVIIe s., semèrent la terreur dans les Caraïbes. Leur action fut d’abord favorable à la France et à l’Angleterre luttant contre l’Espagne.

Ces aventuriers hors du commun vont connaître un destin singulier. Au même titre que la flibusterie, il faudra attendre la poursuite de l’expansion maritime au XVIIIe siècle pour voir la piraterie devenir un phénomène très marginal.

Si l’on veut faire graviter l’histoire des corsaires, des forbans et des autres marins autour du passé de la Martinique, il faut partir des premières expéditions, de son rôle singulier de plaque commerciale, sans oublier les contraintes économiques liées aux activités des colons, toujours tentés de quitter l’île pour exploiter les richesses des mers ; les figures célèbres de la flibusterie, qui ont côtoyé de près les évènements, n’ont également pas manqué ; enfin, pour illustrer les nombreux forfaits de la piraterie, on relatera la prise d’un navire négrier par Barbe noire au large de la Martinique.

Les premières expéditions dans le Caraïbes

1492-1580 : la découverte de l’espace Caraïbe par Christophe Colomb amorce un afflux de richesses précieuses vers l’Europe ; presqu’un siècle plus tard, la puissance espagnole rayonne encore de tous ses feux : de Séville aux Philippines en passant par le Mexique, Philippe II règne véritablement sur un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

La mise en coupe réglée du Nouveau Monde démarre avec les armées espagnoles, sur terre, et elle décime les Indiens d’Amérique dans une guerre d’extermination qui brise les civilisations des peuples amérindiens ; mais comme les richesses sont nombreuses, les espaces caraïbe et antillais sont aussi convoités par les marins des autres pays européens. Depuis la métropole, des corsaires et des flibustiers français comme Jean Fleury mettent à mal convois et navires espagnols ; mais comme elle est éloignée de la route des galions, la Martinique reste encore à la marge de ces évènements. Les Français ne sont pas les seuls à écumer les mers ; ils sont vite relayés par les marins anglais et hollandais.

Un siècle après Christophe Colomb, l’épopée des flibustiers a ainsi fragilisé le monopole commercial espagnol en direction des Nouveaux Mondes, qui fut, rappelons le, institué avec le Portugal au traité de Tordesillas en 1494.

La Martinique, une plaque commerciale

Aux origines de sa fondation, la Martinique sert de base de troc amiable avec les premiers indigènes locaux, les Indiens caraïbes. En échange de couteaux, de poignards et de diverses quincailleries acheminées depuis les ports d’armement de la métropole (Dieppe, le Havre), les indigènes livrent la galette « cassave », des patates douces, des bananes et divers fruits.

Tous les petits planteurs n’ont cependant pas accès au commerce et doivent trouver d’autres moyens. Les « engagés » ne peuvent pas devenir tous maîtres de case en cultivant le tabac et les plantes vivrières. Ces petits colons trouvent ainsi dans la flibuste une opportunité très attractive : cas du planteur de la Caravelle en Martinique, Dubuc, qui abandonna un maître trop rigoureux à Saint-Eustache ; cas de Jean Roy, un des plus riches habitants de la Martinique, dans le quartier de Saint-Pierre.

Au début du XVIIIe siècle, le pouvoir royal des Bourbons, soucieux de sa nouvelle alliance avec l’Espagne, va encourager la flibusterie ; le marquis de Choiseul va même organiser une « protection sociale » pour flibustiers, prélevée sur la caisse de la colonie. En 1709, on compte 1000 à 1200 flibustiers dans la région de Saint-Pierre.

Commerce interlope et guerre de course

L’essor de la Martinique devant ce « flux » de marins assez hors du commun est relié à la colonisation de l’île en 1635. Le mouvement de double commerce, à l’intérieur de l’espace caraïbe, d’une part, et en direction de la métropole, d’autre part est original : la contrebande alimente les richesses des corsaires français dans les Antilles ; la pratique du libre butin se retrouve en particulier avec les colons flibustiers de Saint-Pierre.

Avec des aventuriers français aux origines variées, Saint-Christophe, la Martinique ou la Guadeloupe vont servir de base pour les campagnes de la flibuste. Également, venant se mêler aux fruits de ces expéditions depuis l’Ile de la Tortue, on retrouve les huguenots d’un certain Le Vasseur avec des esclaves fugitifs, les uns et les autres étant originaires de la Martinique.

Les flibustiers européens des Antilles n’ont par ailleurs ni les mêmes lieux d’établissement, ni les mêmes vocations. Les marins anglo-hollandais se rassemblent dans les nids de flibuste à Haïti (l’île de la Tortue et l’Ile à Vache) et à la Jamaïque et ils pratiquent à la fois le commerce interlope et la course. Il peut ainsi arriver que les bénéfices tirés des navires interlopes soient extraordinairement juteux. Rappelons que l’interlope est un navire marchand qui trafique en fraude dans les zones situées en dehors de sa sphère juridique de rattachement (pays de la concession d’une compagnie de commerce, colonies où les navires étrangers ne sont pas admis, ports en état de blocus).

Les colons flibustiers de Martinique, qui mêlent toutes les nationalités, mènent quant à eux une vie qui n’est pas toujours lié aux autorités de la métropole pendant de longues années ; ils alternent les campagnes de flibusterie avec la vie du planteur ou celle du marchand.

Deux grandes figures de la flibusterie liées à la Martinique

Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, l’âge d’or de la flibusterie fait évoluer les techniques d’enrichissement de ces marins toujours au service du Roi. Alors que l’Espagne ne transporte plus ses trésors que dans les convois de galions fortement armés, les raids sur la terre ferme offre des rapines plus alléchantes. Parmi les commanditaires de ces expéditions, on retrouve des aristocrates français.

Le chevalier Michel de Grammont s’est engagé dans la Marine royale après un duel qui a fait scandale à Paris. Il part pour les Antilles en qualité d’officier mais il prend le commandement d’un navire flibustier et il capture un riche Hollandais au large de la Martinique, dont il obtient une rançon de 40 000 livres à Hispaniola, où, semble-t-il, il dilapide son trésor dans de prodigieuses orgies. Pendant la guerre franco-hollandaise qui éclate en 1678, il navigue à bord du bateau le Hardi et il prend le commandement de la flotte des corsaires du roi de France. Ses exploits lui valent d’être nommé en 1686 lieutenant de la partie sud de l’île de Saint-Domingue par Louis XIV. Il n’occupera toutefois jamais ce poste car à peine un mois après sa prestigieuse nomination, il part à la tête de trois navires et de 200 hommes vers le Mexique. Une tempête le surprend et l’oblige à naviguer vers le nord où il disparaît.

Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon est une autre illustration des corsaires qui ont fait prospérer l’île : au départ enseigne de vaisseau à Toulon, il arrive aux Antilles en 1670 et il guerroie avec ses navires en qualité de corsaire du Roi au large de Saint-Domingue et de la Jamaïque. Revenu en France en 1673, il vend son château et son titre à Françoise d’Aubigné, favorite de Louis XIV, qui devient ainsi marquise de Maintenon ; en 1675, il quitte Nantes au commandement d’un navire de guerre partant à nouveau combattre d’autres flibustiers au nom du Roi. En 1679, il sert de pilote à l’escadre du comte d’Estrées et il repasse ensuite en France. Gouverneur de Marie-Galante, il signe un contrat avec la compagnie du Sénégal ; figurant alors parmi les protagonistes modernes de la Traite des Noirs, il s’engage à livrer 1 600 esclaves africains en 4 ans. Possédant environ 200 esclaves en 1685, il est alors devenu le plus riche planteur de canne à sucre de la Martinique.

Pirates au large de la Martinique dont un certain "Barbe noire"

Au cours de la première moitié du XVIIIème, la flibusterie et la piraterie vont tour à tour ressusciter pour finalement disparaître. Arborant à la pointe du mât de leur navire l’emblème de la tête de mort, les pirates travaillent pour leur propre compte et ils ont pour réputation de ne pas « faire de quartiers » lorsqu’ils prennent victorieusement un bateau. Mais si les pirates sont pris ou repris par l’autorité royale, le châtiment peut être terrible, châtiment sommaire pour les uns, déportation à Madagascar et à l’île de la Réunion pour les autres.

Le navire d’un des plus grands pirates des Caraïbes va ainsi croiser le large de la Martinique autour de l’année 1716 pour réaliser une belle prise. Il s’agit du célèbre « Barbe noire », alias Edward Teach, qui a été adapté au cinéma dans le film de Roman Polanski, Pirates. A dix lieues de l’île française, le pirate anglo-américain capture avec 250 hommes embarqués sur deux forbans un navire négrier français provenant de Guinée. Visiblement satisfait de sa prise, le pirate dépose son butin dans l’archipel des Grenadines et il revend ensuite les captifs pour un autre point d’échanges de l’archipel antillais. Semant la terreur dans les Caraïbes de 1716 à 1718, Barbe noire finit par être arraisonné par un navire anglais dans les eaux d’Outer Banks, au large de la Caroline du Nord ; au prix d’un rude combat avec le lieutenant Maynard de la Navy, il finit la tête tranchée au sommet du mât afin de servir d’avertissement à tous les pirates. Sa tête fut ensuite exposée en place publique en Virginie.

Liens commerciaux et bibliographie :
-  Paul Butel : les Caraïbes au temps des flibustiers.
-  Id : Histoire des Antilles, Perrin, 2006.
-  Jean-Pierre Moreau : Pirates, Tallandier, 2006.

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mercredi 7 décembre 2016
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